Chanson reprise du groupe " Nine Inch Nail" par Johnny Cash en 2002.
(Johnny Cash, qui se laisse mourrir de chagrin, le 12 septembre 2003, ne survit que 4 mois
à la mort de sa femme, June Carter qui fait une brève apparition dans ce clip...)
Il est de rares occasions où une reprise de chanson s'avère être supérieure que la version originale.
C'est le cas avec cette reprise de Nine Inch Nail par Johnny Cash enregistrée quelques mois avant la mort du chanteur.
Elle devient ici une sorte de testament d'une force incroyable...
Avec Johnny Cash, la chanson devient beaucoup plus profondément inquiétante puisqu'il ne s'agit plus d'une mise en scène.
Quand il la reprend, Cash est au bout du rouleau, en fin de vie...et il le sait.
La reprise est folk, comme à son habitude. Guitare, piano, voix. Il se contente du minimum...
L'interprétation de Johnny Cash laisse l'air entrer dans un paysage dévasté qui n'est rien de moins que sa propre vie, qu'on sait tumultueuse, sombre et désabusée.
L'ensemble laisse le calme s'installer, comme pour laisser place à l'espoir de quelque chose de meilleur, mais c'est bien parce qu'il y a ce socle de détresse, ce constat amer sur l'existence et sur son caractère limité qu'il y a nécessité d'espérer.
Le clip met en scène Johnny Cash dans son propre musée, au milieu des vestiges de sa propre vie.
Tout semble plus ou moins dévasté, usé, à bout de force...
L'homme en noir, lui-même est à l'agonie.
Pour le country singer en fin de parcours, la chanson comme le clip sont une confrontation à la réalité de sa propre existence. Nulle complaisance, puisqu'il ne s'agit plus de plaisir mais bien du courage de se mettre en face de soi comme déjà virtuellement mort.
C'est d'ailleurs ce que Mark Romanek, réalisateur du clip, parvient à mettre en scène, en insérant un très grand nombre d'images d'archives de la vie de Johnny Cash au sein même du repas funèbre.
Le moment essentiel est ainsi cet insert au cours duquel on voit Cash, jeune, s'avancer dans le jardin d'une maison, s'approcher de la fenêtre et regarder à l'intérieur. Confrontée au plan suivant, Johnny Cash au milieu de son banquet mortuaire.
Cash jeune regardant Cash vieux et mourant dans son propre musée, entre ses propres vestiges, dans une double confrontation qui ne peut, justement, être que celle de la mort...
Voilà la traduction des paroles :
Hurt (Blesser)
Je me suis fais mal aujourd'hui
Pour voir si je pouvais encore ressentir
Je me concentre sur la douleur
La seule chose de vrai
L'aiguille perce un trou
La vieille piqûre familière
J' essaye de tout effacer
Mais je me souviens de tout
Que suis-je devenu ?
Mon plus cher ami
Tous ceux que je connais
S'éloignent au final
Et tu peux l'avoir en entier
Mon empire de merde
Je te laisserai tomber
Je te ferais souffrir
Je porte cette couronne d'épines
Sur mon trône de menteur
Plein de pensées brisées
Que je ne peux réparer
Sous les erreurs du temps
Les sensations disparaissent
Tu es quelqu'un d'autre
Je suis toujours ici
Que suis-je devenu ?
Mon plus cher ami
Tous ceux que je connais
S'éloignent au final
Tu peux l'avoir en entier
Mon empire de merde
Je te laisserai tomber
Je te ferais souffrir
Si je pouvais repartir à zéro
A des millions de kilomètres
Je me préserverai
Je trouverais un moyen